06.03.2011
Vérité(s) sous emballage
" Il faut bien lui donner un nom à ce Dieu qui est en toi : je l'appelle la chance. La chance voulue, provoquée. Quand tu le veux, tu peux avoir de la chance. Ca aussi les gens l'ignorent. Il faut se contraindre à avoir de la chance.
Je vois autour de moi des êtres que j'aime, des gens de ma famille, de mon entourage, soupirer : "toi, tu as la baraka, tout te réussit. " Eh bien, veux-tu que je te dise ? Ca me fait chier ! C'est vrai que j'ai la réputation d'avoir de la chance. Mais justement, parce que j'en ai, je sais qu'elle ne vient pas toute seule. Cette chance, il faut l'exiger, aller la chercher, mettre le paquet. Si tu ne doutes pas d'elle, elle vient. Si tu la sommes de se manifester, elle se manifeste. La chance elle est là, à attendre. C'est une pute, elle ne demande qu'à rappliquer si tu lui fous des baffes. Il arrive que l'on ait des pannes de chance. Et qu'est-ce que c'est les pannes de chance ? C'est le chagrin. Le chagrin qui te déboule sur la gueule, le destin qui a craqué. Il n'a pas fait attention que tu étais branché et il t'a coupé. Il faut que tu te raccordes, coûte que coûte, que tu rétablisses la communication. Si tu le veux, tu le peux. Tout le monde le peut. C'est une chose que je voudrais gueuler à toute force pour que les gens l'entendent. La chance, ça se dompte, ça se dresse comme un chien. Un chien ne fait pas toute sa vie pipi sur la moquette. On lui apprend à aller pisser dehors.
La chance aussi. "
20:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : san antonio, je le jure
05.02.2011
Les lettres d'Oscar
Depuis son lit d'hôpital, un petit enfant de 10 ans écrit à Dieu, même s'il a du mal à y croire.Il a droit à un voeu par jour...Mais que des choses de l'esprit : du courage, de la patience, de l'éclaircissement, des faveurs pour les autres. Dieu n'est pas le Père Noël quand même ; )
" Cher Dieu,
je m'appelle Oscar et j'ai dix ans et...c'est la première lettre que je t'envoie parce que jusqu'ici, à cause de mes études, je n'avais pas le temps. Je serais d'accord pour une p'tite visite, j'aimerais bien que tu passes. Je suis ouvrable de 8 heures du matin à 9 heures du soir. Le reste du temps je dors. Même si tu me trouves comme ça, n'hésite pas à me réveiller..."
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" Cher Dieu,
c'est chouette la vie de couple. Surtout quand on approche de la cinquantaine et que l'on a traversé les épreuves.
Allez, pas de voeu aujourd'hui, ça te reposera ! "
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"Cher Dieu,
j'ai soixante ans passés et je paie l'addition pour tous les abus que j'ai faits hier soir. C'est pas la grande forme. Enfin, ça m'a fait plaisir d'être rentré chez moi, à l'hôpital. On devient comme ça quand on est vieux, on n'aime plus voyager. Tout le monde est malade ici, même le docteur, à cause du chocolat, du foie gras et des marrons glacés que les parents ont offerts au personnel soignant. Plus on vieillit, plus il faut avoir du gôut pour apprécier la vie. Il faut devenir raffiné. N'importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou vingt ans. Mais quand on a mon âge, qu'on peut plus bouger, il faut se servir de son intelligence. "
00:10 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eric emmanuel schmitt, oscar et la dame rose
01.12.2010
Gourmandise
" J'aimais les mots comme des confiseries raffinées enveloppées dans du papier glacé aux couleurs chatoyantes ou du papier cristal translucide qui bruit sous les doigts quand on le déplie. Je les laissais fondre dans ma bouche, y répandre leur saveur. Mes préférés étaient les mots qu'il fallait croquer ainsi que des nougatines ou des noix grillées et caramélisées, et ceux qui dégageaient un arrière-goût amer ou bien acidulé. Certains mots me ravissaient, pour la troublante douceur de leur suffixe qui introduisait de l'inachevé et un sourd élan de désir dans leur sens..." ( Sylvie Germain)
08:56 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jimmy darling, sylvie germain


